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Tibet: disparition forcée du défenseur des droits humains Wangdue

Front Line est profondément inquiète suite à la disparition forcée du défenseur des droits humains Wangdue, arrêté par le Bureau de la Sécurité Publique (BSP) de Lhassa le 14 mars 2008. Le lieu où il se trouve actuellement est inconnu. Wangdue est responsable de projet pour le bureau tibétain du Burnet Institute, une ONG qui sensibilise le public aux questions du VIH/SIDA à Lhassa.  Read More

Les autorités chinoises continuent de délimiter de manière très stricte les activités de droits humains en Chine et au Tibet. La liberté de réunion et la liberté d’expression sont fortement encadrées par une législation restrictive et par une interprétation très large des infractions à la sécurité de l’État. Les militants pour la justice sociale, les avocats qui les défendent, les universitaires, les journalistes et les internautes dissidents sont particulièrement pris pour cible. La communauté des défenseurs des droits humains se compose de militants pour la démocratie, d’écrivains, de journalistes, d’internautes militants, d’universitaires, d’avocats, de gens qui font campagne pour les droits des paysans et sur la terre (y compris ceux qui dénoncent la corruption et les expulsions par la force), de militants écologistes, de militants pour le droit au logement, de militants HIV/sida et de militants pour les droits de la femme (y compris ceux qui font campagne contre les avortements et les stérilisations forcés). La défense des droits humains en Chine se heurte principalement à une interprétation très large de la notion d’infraction à la sécurité nationale et à l’ordre social, dont beaucoup de défenseurs sont accusés. Ces défenseurs doivent également agir dans le cadre d’une législation très restrictive : La loi sur les réunions, manifestations et protestations de 1989 stipule que toute manifestation doit être préalablement autorisée par la police : ces autorisations sont rarement accordées et les requérants sont harcelés, d’après nos informations. Les organisateurs de manifestations pacifiques ont été emprisonnés pour trouble de l’ordre public. Le Conseil d’État a en outre promulgué de nouvelles règles en matière de pétitions qui rendent les rassemblements pacifiques de demandeurs de signatures virtuellement impossibles. Quant à la liberté d’association, le gouvernement exige de donner son accord préalable à l’enregistrement des organisations non gouvernementales, ce qui a entraîné la fermeture de nombre d’entre elles. La communication entre les associations locales des droits humains et la plupart des ONG internationales est de fait interdite par les autorités chinoises. Les syndicats indépendants sont interdits. La liberté d’expression de tous les médias est fortement limitée. Bien que les défenseurs recourent de plus en plus à Internet, les autorités ont resserré leur contrôle sur la toile mondiale et intensifié la censure par un ensemble sophistiqué de règles qui limitent le contenu des sites et l’utilisation d’Internet. L’association des avocats de toute la Chine a émis un Avis directeur à propos des avocats qui traitent des dossiers en masse ; cet avis réduit fortement l’indépendance des avocats qui défendent des manifestants ou qui interviennent dans le cadre de poursuites collectives. D’après nos sources, les défenseurs sont victimes de harcèlement, d’intimidation, de licenciements, de menaces, de détentions arbitraires dans des prisons et des hôpitaux psychiatriques, de mauvais traitements en détention notamment en ne pouvant rencontrer ni leurs avocats ni les membres de leur famille, de torture, d’assignations à résidence, de perquisitions du domicile et de mise sous surveillance (notamment du courrier, du téléphone et de l’ordinateur). La « rééducation par le travail » est une forme de sanction. Les familles des défenseurs sont également harcelées. Sur un plan régional, la liberté d’expression et la liberté de religion demeurent très restreintes au Tibet, des militants pacifistes de la région autonome de Xinjiang Uighur ont été ostensiblement pris dans le collimateur au nom de la « guerre contre le terrorisme ».