Tchad
VUE D'ENSEMBLE
Les défenseurs tchadiens des droits humains pâtissent d’une culture d’impunité, de l’absence d’un État de droit et de l’instabilité politique qui prévaut dans l’ensemble du pays. Une répression politique extrême s’y inscrit en toile de fond de graves restrictions à la liberté d’expression. D’après nos sources, les défenseurs ont fait l’objet de menaces, de harcèlement, de stigmatisation, d’agressions physiques, d’arrestations arbitraires, de détention sans contact avec l’extérieur, de procédures judiciaires, et de mauvais traitements et d’actes de torture durant leur détention. Des journalistes et des avocats figurent parmi les victimes. Le conflit du Darfour s’étant étendu à certaines zones du Tchad, les défenseurs des droits humains qui critiquent l’action gouvernementale ont été accusés d’apporter leur soutien aux rebelles. Il y a eu une vague de menaces, d'attaques et d'arrestations contre les défenseurs des droits humains et les journalistes suite au retrait des rebelles dans la capitale. Plusieurs défenseurs des droits humains ont dû quitter le pays ou se cacher par crainte d'autres attaques des forces de sécurité. Les journalistes qui s’opposent aux politiques du gouvernement (notamment à l’enrôlement d’enfants-soldats) ont été accusés de diffamation et/ou d’incitation à la haine ; une station de radio appartenant à des ONG de droits humains a dû cesser d’émettre suite au harcèlement et à la mise sous les verrous de ses journalistes. Les avocats qui assistent les victimes de violations des droits humains et qui combattent l'impunité auraient reçu de nombreuses menaces et sont étiquetés comme des « traîtres ».
La législation du pays prévoit des peines de prison pour les infractions de la presse et, le pouvoir judiciaire est utilisé afin de réduire au silence les voix critiques. Outre des accusations de diffamation, les tribunaux saisissent les biens des journaux critiques. L’État d’urgence proclamé en novembre 2006 et en février 2008 impose une censure préalable à toute la presse écrite et restreint fortement la liberté d’expression des défenseurs des droits humains. Les manifestations sont systématiquement interdites et réprimées par l'armée et les forces de sécurité.






