Birmanie (Myanmar)

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Birmanie: Front Line condamne les peines sévères contre les membres de « Génération 88 » et d’autres défenseurs

Front Line est très inquiète suite à l’annonce, le 11 novembre 2008, de la condamnation de quatorze membres de « Génération 88 » à des peines d’emprisonnement de 65 ans en raison de leur participation aux manifestations massives d’août et de septembre 2007. Mie Mie, Nilar Thein, Ko Jimmy (alias Kyaw Minn Yu), Min Zaya, Zaw Zaw Min, Than Tin (alias Kyi Than), Zayar (alias Kalama), Ant Bwe Kyaw, Kyaw Kyaw Htwe (alias Marky), Pannate Tun, Thet Zaw, Mar Mar Oo, Sandar Min (alias Shwe), et Thet Thet Aung sont tous des membres éminents du groupe étudiant. Vingt autres membres de « Génération 88 », dont Min Ko Naing, Ko Ko Gyi et Htay Kywe, sont toujours en attente de condamnation. D’autres défenseurs des droits humains birmans, tels que Nay Myo Kyaw (alias Nay Phone Latt), ont également fait l’objet de sentences extrêmement sévères pour avoir pris part aux rassemblements anti-gouvernementaux de 2007.  Read More

Les restrictions imposées par la dictature militaire au pouvoir, le Conseil d’État pour la paix et le développement (SPDC), rendent toute activité liée aux droits humains pratiquement impossible en Birmanie. Les libertés de réunion, d’association et d’expression sont étroitement encadrées. Les pro-démocrates qui plaident pour les droits civils et politiques, les défenseurs qui critiquent l’action gouvernementale (en dénonçant notamment le travail forcé et la confiscation des terres par les autorités locales), ainsi que les personnes qui défendent les droits des prisonniers politiques et des minorités ethniques sont particulièrement pris pour cible. Malgré le régime de fer imposé par le SPDC, certains groupes de défense des droits humains continueraient de fonctionner d’après l’ONU. Dans son rapport, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies, qui n’a pas été autorisée à se rendre dans le pays depuis novembre 2003, parle néanmoins d’une tendance à « criminaliser » les défenseurs des droits humains qui cherchent à « exercer leurs libertés fondamentales ». Une formulation vague et une interprétation très large des infractions à la sécurité de l’État se soldent par de lourdes sanctions, appliquées aux défenseurs qui osent critiquer l’action gouvernementale. La liberté d’association n’existe pratiquement pas dans le domaine des droits humains ; on rapporte que le SPDC a interdit la présence d’ONG de droits humains nationales ou internationales sur son territoire. Quant à la liberté de réunion, la loi interdit tout rassemblement de plus de 5 personnes. Les médias n’ont pratiquement aucune liberté d’expression. La presse écrite et les organes de diffusion sont étroitement surveillés, tandis que l’usage et le contenu des sites Internet font l’objet de restrictions et d’une surveillance. Des particuliers ont été arrêtés pour avoir distribué la Déclaration universelle des droits de l’Homme des Nations unies ou pour avoir avisé l’Organisation internationale du travail de cas de travail forcé. Plusieurs sources indiquent que les défenseurs ont été victimes de harcèlement, de voies de fait, d’arrestations arbitraires, de détention sans contact avec l’extérieur, de longues périodes de détention sans procès, de détention et de condamnation sans pouvoir rencontrer un avocat, de longues périodes de détention en cellule d’isolement, de mauvais traitements et de torture durant la période de détention, avec en prime le refus des soins médicaux, et d’assignations à résidence de longue durée. Les familles des défenseurs sont également prises pour cible. De nombreux défenseurs ont été contraints de s’exiler.