Chapitre 9: Améliorer la sécurité au travail et au domicile

Objectif

Évaluer la sécurité au travail et au domicile
Planifier, améliorer et vérifier la sécurité des bureaux et des domiciles.

La sécurité au travail et au domicile

La sécurité du siège de l’organisation ou de ses bureaux, et aux domiciles des défenseurs est d’une importance fondamentale pour leur travail. Nous prendrons le temps d’étudier en profondeur la manière d’analyser et d’améliorer la sécurité d’un bureau ou d’un domicile. (Par simplicité, nous parlerons désormais de "bureaux" bien que l’information qui suit s’applique de la même façon à la sécurité au domicile.)

Aspects généraux de la sécurité au bureau

Notre objectif pour l’amélioration de la sécurité se résume en quelques mots : empêcher tout accès non autorisé. Dans de rares cas il faudra également protéger un bureau contre une attaque éventuelle (ex. contre un bombardement).

Ceci nous amène à la première considération : les vulnérabilités d’un bureau. Elles peuvent augmenter les risques, en fonction du degré de menace auquel vous êtes confronté. Par exemple, s’il est existe un risque que l’on vous vole du matériel ou des informations, vous devrez vous attaquer aux vulnérabilités. Une alarme de nuit ne servira pas à grand-chose si on ne prévoit personne pour se déplacer et vérifier ce qui s’est passé. Par ailleurs, s’il y a effraction violente en plein jour, une grille renforcée sur les portes ou des alarmes ne seront pas très utiles. En bref, agissez en fonction des menaces auxquelles vous êtes confronté et du contexte dans lequel vous travaillez.

Les vulnérabilités d’un bureau doit être évaluée à la lumière des menaces rencontrées.

Cependant il est important de trouver un moyen terme entre l’adoption de mesures de sécurité appropriées et le fait de donner l’impression aux personnes de l’extérieur que vous « cachez » ou « protégez » quelque chose, car cela suffit à vous exposer au risque. En matière de sécurité d’un bureau, il vous faudra souvent choisir entre un profil bas ou des mesures plus visibles lorsqu’elles s’imposeront.

La sécurité d’un bureau n’est équivalente qu’à la sécurité de son élément le plus fragile.

Si des personnes veulent entrer dans votre bureau à votre insu, ils ne choisiront pas l’accès le plus difficile pour le faire. Le moyen le plus facile d’entrer dans un bureau pour observer ce qui se passe à l’intérieur des locaux revient parfois à frapper tout simplement à la porte et à entrer.

Emplacement du bureau

Les facteurs dont il faudra tenir compte lors de l’installation d’un bureau sont : le voisinage, si les locaux étaient associés à un groupe particulier ou à des activités par le passé, l’accès par les transports publics ou privés, les risques d’accidents, si les locaux se prêtent aux mesures de sécurité, etc (à consulter aussi le risque dans l’évaluation de l’emplacement ci-dessous).

Il est utile d’étudier quelles mesures de sécurité ont été prises par d’autres dans le même quartier. Si les mesures sont nombreuses, cela peut indiquer qu’il y a de l’insécurité liée à la criminalité de droit commun. Il est aussi important de parler de la sécurité locale aux habitants des environs En tous les cas, veillez à ce que les mesures de sécurité puissent être prises sans attirer une attention excessive. Il est également utile de faire connaissance avec les habitants puisqu’ils pourront vous informer de la moindre chose suspecte dans le voisinage.

Il est tout aussi important de vérifier qui est votre propriétaire. Quelle est sa réputation ? Pourrait-il s’avérer sensible aux pressions des autorités ? Acceptera-t-il que vous mettiez en place des mesures de sécurité ?

Lors du choix d’un bureau, il convient de prendre en compte quel public il recevra. Un bureau qui dispensera des conseils juridiques aux victimes devra répondre à d’autres exigences qu’un bureau servant avant tout de lieu de travail. Il est important de prendre en considération l’accès à ce bureau par transport public – les trajets entre les domiciles des membres et le lieu où se déroulent la majeure partie des activités, etc. seront-ils dangereux ? Les environs doivent être analysés, particulièrement si on veut éviter de devoir traverser des zones dangereuses.

Une fois que l’emplacement a été choisi, il est important d’évaluer ponctuellement la donne, qui peut évoluer, comme p.ex. quand un « élément indésirable » s’installe dans le quartier.

Liste de contrôle pour choisir le bon emplacement d’un bureau:

  • Environs immédiats: Statistiques sur les délits et les crimes; proximité de cibles potentielles d’attaques armées telles que les installations militaires ou gouvernementales; locaux sûrs pouvant servir de refuge; proximité d’autres organisations nationales ou internationales avec qui vous êtes en relation
  • Relations: Type de voisins ; propriétaire, anciens locataires, utilisations précédentes des locaux.
  • Facilité d’accès: Une ou plusieurs routes d’accès en bon état (plus il y en a, mieux c’est) ; accès par les transports publics et privés.

  • Services publics: Eau, électricité et ligne téléphonique.

  • Éclairage public: Dans les environs

  • Prédisposition aux accidents et risques naturels: Incendies, inondations graves, glissements de terrain, déversement de substances toxiques, usines de produits toxiques

  • Structure physique du bâtiment: Solidité du bâtiment, aménagement pour l’installation d’un équipement de sécurité, portes et fenêtres, périmètre et barrières de protection, différents accès (voir ci-dessous).

  • Pour les véhicules: Un garage ou au moins une cour intérieure ou un espace fermé, avec barrière de parking.

Accès au bureau par une tierce partie: barrières matérielles et procédures à suivre par les visiteurs.

L’objectif premier pour la sécurité d’un bureau est de refuser l’accès non autorisé aux personnes. Une ou plusieurs personnes pourraient entrer pour voler, obtenir des informations, cacher quelque chose qui pourrait être utilisé contre vous à une date ultérieure, tels que de la drogue ou des armes, ou pour vous menacer. Chaque cas est différent, mais le but reste le même. Faites tout pour l’éviter.

L’accès à un bâtiment est contrôlé par des barrières matérielles (barrières, portes, grilles), par des mesures techniques (alarmes avec veilleuses) et des procédures d’admission des visiteurs. Chaque barrière et chaque procédure sont un filtre à travers lequel quiconque voulant entrer doit passer. Dans l’idéal ces filtres devraient être combinés pour former plusieurs niveaux de protection, capables d’empêcher les différentes sources d’entrée non autorisées.

Les barrières matérielles

Les barrières servent à bloquer physiquement l’entrée aux personnes non autorisées. Le niveau d’utilité des barrières physiques dépend de leur solidité et de la capacité à boucher toutes les brèches vulnérables des murs.

Le bureau peut avoir des barrières matérielles dans trois zones:

1. La zone extérieure : les clôtures, les murs ou autre, au-delà d’un jardin ou d’une cour.
2. Le périmètre du bâtiment.
3. La zone intérieure: les barrières qui peuvent être créées à l’intérieur d’un bureau pour protéger une ou plusieurs pièces. Ceci est très utile dans les bureaux avec beaucoup de passage, puisque cela permet de délimiter une zone accessible au public et une zone plus restreinte qui peut être protégée par des barrières supplémentaires.

La zone extérieure

Le bureau devrait être visiblement délimitée à l’extérieur par des clôtures hautes ou basses, de préférence solides et hautes pour rendre l’accès plus difficile. Une grille ou du treillis métallique exposeront davantage le travail de l’organisation, et il est donc souhaitable de faire construire un mur en brique ou d’un matériau solide similaire.

Le périmètre du bâtiment

Ceci comprend les murs, les portes, les fenêtres et le plafond ou le toit. Si les murs sont solides, toutes les ouvertures et le toit le seront automatiquement. Les portes et les fenêtres doivent avoir des verrous de qualité et être renforcés par des grilles, de préférence avec des barreaux verticaux et horizontaux qui soient fermement scellées dans la paroi. S’il y a un toit, il devrait offrir une bonne protection, et ne pas être simplement une tôle de zinc ou une couche de tuiles. Si le toit ne peut pas être renforcé, il faut bloquer tous les accès possibles au toit depuis la rue ou les bâtiments alentour. Dans un endroit où il existe un risque d’attaques armées, il faut établir des zones protégées à l’intérieur même du bureau (voir chapitre 11 sur la sécurité dans des zones de conflit armé).

La zone interne

Il en va de même que pour les bâtiments et les locaux. Il est très utile d’avoir un espace à sécurité maximale dans les locaux et généralement, il est assez facile à créer. Même un coffre-fort peut compter comme zone intérieure de sécurité.

En ce qui concerne les clés

  • Aucune clé ne devrait être visible ou accessible aux visiteurs. Gardez toutes les clés dans un placard ou un tiroir fermé par une serrure à combinaison, la combinaison ne devant être communiquée qu’aux membres. Veillez à la changer régulièrement pour une meilleure sécurité.
  • Si les clés portent des étiquettes individuelles, n’indiquez en aucun cas les pièces, placards ou tiroirs auxquels elles correspondent car cela faciliterait un cambriolage. Utilisez un numéro, une lettre ou un code couleur à la place.

Les mesures techniques : l’éclairage et les alarmes

Les mesures techniques renforcent les barrières matérielles ou les procédures d’admission des visiteurs, comme par exemple les judas, les interphones, les caméras vidéo (voir ci-dessous). Les mesures techniques ne sont utiles que si elles visent à la dissuasion des cambrioleurs. Elles doivent provoquer un effet automatique déterminé, par exemple attirer l’attention des voisins, de la police ou d’une entreprise de sécurité privée. Si ce n’est pas le cas, et que l’intrus sait qu’il n’en sera rien, de telles mesures ne servent à rien et se limiteront à empêcher des délits de vol insignifiants ou à garder une trace des personnes qui sont rentrées.

  • L’éclairage autour du bâtiment (des cours intérieures, des jardins, du trottoir) et sur le palier est essentiel.
  • Les alarmes ont des buts multiples, y compris celui de détecter les intrus et de dissuader d’éventuels intrus d’entrer ou de continuer d’essayer d’entrer.

Une alarme peut déclencher un signal sonore d’avertissement à l’intérieur d’un bureau, une lampe de sécurité, un son, un bruit ou une sonnette très sonores, ou un signal dans un centre de sécurité indépendant. Une alarme audio est utile pour attirer l’attention mais peut être contre-productive dans les situations de conflit ou si vous ne vous attendez pas à ce que les voisins réagissent. Il faut faire un choix judicieux entre une alarme sonore et une alarme lumineuse (soit une lumière fixe et puissante, soit une lumière rouge intermittente). Cette dernière peut suffire à dissuader un intrus parce qu’elle annonce d’autres mesures une fois l’intrus détecté.

Les alarmes devraient être posées aux points d’accès (les cours intérieures, les portes et les fenêtres, et les espaces vulnérables tels que les pièces où sont conservées des informations sensibles). Les alarmes les plus simples sont les détecteurs de mouvement, qui activent une lumière, émettent un signal sonore ou déclenchent une caméra lorsqu’un mouvement est détecté.

Les alarmes devraient:

  • Avoir une batterie pour continuer à fonctionner lors des coupures de courant.
  • Comporter un mécanisme à retardement pour les désactiver si un membre les avait déclenchées par mégarde.
  • Pouvoir être activées manuellement au cas où le personnel aurait besoin de les activer.
  • Être facile d’installation et d’entretien.
  • Se distinguer visiblement de l’alarme contre les incendies.

Les caméras de vidéo surveillance

Les caméras vidéo peuvent être un facteur d’amélioration des procédures d’admission (voir ci-dessous) ou d’enregistrement des personnes qui entrent dans le bureau. Cependant l’enregistrement doit se faire hors de l’accès de l’intrus qui pourrait ouvrir la caméra et détruire la cassette.

Vous devrez éventuellement vérifier que les caméras ne dissuadent pas votre public cible, à savoir des victimes et des témoins, et qu’elles ne soient pas pris pour butin facile attirant les cambrioleurs. Il est de bonne guerre d’avertir les visiteurs qu’ils seront filmés, par une affiche d’information. (le droit à la confidentialité est également un droit humain)..

Les entreprises de sécurité privées

Ce domaine est sensible. Dans beaucoup de pays les entreprises de sécurité privées sont constituées d’anciens membres des forces de sécurité. Il existe des cas documentés sur ces personnes impliquées dans la surveillance des défenseurs des droits humains et dans les attaques à leur encontre. Il relève donc du bon sens de se méfier des entreprises de sécurité si vous craignez une surveillance ou des attaques par les forces de sécurité. Si une entreprise a accès à vos bureaux, elle pourrait cacher des micros ou laisser entrer d’autres personnes.

Si vous estimez avoir besoin de recourir à une entreprise de sécurité, vous devriez vous prémunir par un accord clair établissant ce que vous autorisez son personnel à faire en votre nom, ce que vous n’autorisez pas et à quelles parties du bâtiment vous lui donnez libre accès. Evidemment il vous appartient de veiller à ce que l’accord soit respecté.

Par exemple: Si vous avez engagé un service de sécurité qui envoie un garde en inspection au cas d’un déclenchement d’une alarme, ce garde pourra éventuellement avoir accès aux zones sensibles de votre bureau et poser des puces dans votre salle de réunions.

Il est préférable que vous ayez le droit de donner votre accord sur les personnes (et que vous les sélectionniez) spécifiques qui travailleront pour vous, mais c’est rarement le cas.

Si les gardes de sécurité sont armés l’organisation des droits humains se doit de connaitre exactement les règles d’utilisation des armes. Mais il est encore plus essentiel de comparer les avantages de l’utilisation de ces armes aux inconvénients. Les armes de petit calibre ne constituent aucune dissuasion à l’encontre d’assaillants munis d’armes à plus gros calibre (ce qui est en général le cas), cependant si les agresseurs sont prévenus de la présence dans vos locaux d’armes à petit calibre, ils décideront peut-être d’entrer par effraction prêts à ouvrir le feu, pour se protéger lors de l’attaque. En d’autres termes, votre probable capacité armée (petites armes à feu) incitera probablement les assaillants à utiliser leurs armes de gros calibre. À ce stade, si vous estimez que vous avez besoin de gardes armés de mitrailleuses, disposez-vous de l’espace sociopolitique nécessaire pour faire votre travail ?

Filtres de procédures d’admission

Les barrières matérielles doivent être complétées par le "filtre" de procédures d’admission. De telles procédures déterminent quand, comment et qui peut avoir accès au bureau. L’accès aux zones sensibles, à savoir aux clés, aux informations et à l’argent doit être restreint.

Le moyen le plus facile pour entrer dans un bureau où travaillent des défenseurs des droits humains est de frapper à la porte et d’entrer. Beaucoup de personnes le font tous les jours. Afin de concilier le principe d’accueil d’un bureau des droits humains et le besoin de maîtriser qui veut entrer et pourquoi, il vous faut des procédures d’admission appropriées.

En général, les personnes ont une raison particulière de vouloir entrer ou de frapper à votre porte. Elles veulent poser des questions ou faire une livraison, et ne demanderont pas nécessairement l’autorisation au préalable.

Examinons ceci cas par cas :

Quelqu’un téléphone ou sonne et demande le droit d’entrer pour une raison donnée

Vous devrez alors suivre trois étapes simples :

1. Demandez à la personne pourquoi elle souhaite entrer. Si lui/elle demande à voir un membre particulier, consultez la personne concernée. Si cette personne est absente, demandez au visiteur de revenir plus tard ou un autre jour ou alors d’attendre en dehors de la zone restreinte. Il est important d’éviter de devoir ouvrir ou de vous rapprocher de la porte, et il faut donc utiliser tous les moyens, à savoir les judas, les caméras ou l’interphone, pour pouvoir refuser l’entrée le cas échéant ou en cas d’assaut violent ou forcé. Il est donc bon de définir une salle d’attente pour les visiteurs qui soit physiquement séparée de l’entrée interne au bureau. Si vous devez avoir une zone publique facile d’accès, veillez à équiper le bureau de barrières physiques qui empêchent l’accès aux zones restreintes.

Une personne peut dire vouloir entrer pour vérifier ou réparer la plomberie ou l’installation électrique ou effectuer d’autres travaux de maintenance. Elle peut aussi prétendre être un représentant des médias, ou un fonctionnaire public, etc. Faites-vous toujours confirmer leur identité par l’entreprise ou l’organisation à laquelle ils disent appartenir avant de les laisser entrer. Souvenez-vous que ni un uniforme ni une carte d’identité ne constituent une garantie de l’authenticité ou de la légalité d’une identité, tout particulièrement dans une situation à risque moyen ou élevé.

2. Décidez d’autoriser ou de refuser l’accès. Une fois que vous connaissez la raison d’entrer de votre visiteur, vous devez décider si vous autorisez l’accès ou non. Il ne suffit pas que quelqu’un vous donne une raison d’être venu pour le laisser entrer. Si vous n’êtes pas sûr(e) du but de leur visite, ne les laissez pas entrer.

3. Surveillez les visiteurs jusqu’à leur départ. Une fois que le visiteur est entré dans le bureau, faites en sorte qu’il soit surveillé pendant la durée entière de sa visite. Il est utile d’avoir une salle séparée où rencontrer les visiteurs, éloignée des zones restreintes.

Notez précisément les détails de chaque visite en indiquant le nom du visiteur, son organisation, le but de sa visite, quels collaborateurs il a rencontré, l’heure de son arrivée, l’heure de son départ, etc. Ceci peut s’avérer particulièrement précieux au moment d’analyser ce qui n’a pas fonctionné après un incident de sécurité.

Quelqu’un se présente, téléphone ou sonne pour poser des questions

Quelles que soient les affirmations de la personne, vous ne devez en aucun cas l’informer de l’endroit où se trouve un collègue ou d’autres personnes, ni donner des informations personnelles. Si la personne insiste, demandez-lui de laisser un message, de rappeler ou de revenir à un autre moment, ou encore proposez de prendre un rendez-vous avec la personne qu’elle désire rencontrer.

Souvent les personnes se présentent par erreur, demandant si un tel habite-là ou si vous avez des objets à vendre. Certains veulent vous vendre quelque chose, les mendiants peuvent vouloir de l’aide. Si vous leur refusez le droit d’entrée et ne donnez pas de renseignements, vous éviterez tout risque de sécurité.

Quelqu’un veut livrer un objet ou un paquet

Le risque peut provenir du fait que le contenu de l’objet ou du paquet pourrait vous compromettre ou vous blesser, surtout s’il s’agit d’une lettre ou d’une lettre piégée. Quelque soit son aspect, ne touchez ni ne manipulez le paquet avant d’avoir pris ces trois mesures simples :

1. Vérifiez si le destinataire annoncé attend le paquet. Il ne suffit pas que le destinataire connaisse l’expéditeur car on a pu falsifier son nom. Si le destinataire n’attend pas de paquet, il/elle doit vérifier auprès de l’expéditeur annoncé qu’il a effectivement fait un envoi. Si le paquet a été simplement envoyé à l’adresse du bureau, vérifiez l’expéditeur. Attendez et réfléchissez ensemble à la question avant de prendre une décision finale.

2. Décidez d’accepter ou non le paquet ou la lettre. Si l’identité de l’expéditeur ne peut être vérifiée, ou que cela prendra du temps, la meilleure solution est de le refuser, surtout dans un environnement à risque moyen ou élevé. Vous pouvez toujours demander qu’il soit livré ultérieurement ou qu’il soit gardé à la poste.

3. N’égarez pas le paquet au bureau. Assurez-vous de savoir où se trouve le paquet au bureau à tout moment jusqu’à ce que le destinataire l’accepte.

Durant les réceptions ou les soirées

Dans ces cas-là, la règle est simple : ne laissez personne entrer que vous ne connaitriez pas en personne. Seules les personnes connues de vos collègues dignes de confiance devraient avoir le droit d’entrer, et ceci seulement lorsque ce collègue est présent et qu’il peut identifier le visiteur. Si une personne se présente et dit connaitre une personne du bureau qui est absente, ne la laissez pas entrer.

Prenez note des appels téléphoniques et des visiteurs

Il peut également être utile de prendre note des appels téléphoniques et des numéros de téléphone et de noter toutes les personnes qui visitent l’organisation (dans certaines organisations les nouveaux visiteurs doivent présenter un document les identifiant et l’organisation enregistre le numéro du document).

Faire des heures supplémentaires au bureau

Il faudra mettre en place des procédures pour les membres du personnel qui font des heures supplémentaires. Les membres d’une organisation qui vont faire des heures supplémentaires tard le soir devraient faire rapport à des heures précises à d’autres membres et faire particulièrement attention lorsqu’ils quittent les locaux, etc.

Liste de contrôle: identifier les points faibles des procédures d’admission

  • Qui accède régulièrement à quelles zones et pourquoi ? Limitez l’accès aux visiteurs absolument nécessaires.
  • Distinguer les différents types de visiteurs (messagers, ouvriers de maintenance, techniciens informatique, membres d’ONG lors de réunions, personnalités publiques, invités, etc) et établir des procédures d’admission adaptées à chaque type. Chaque membre devrait connaître les procédures pour chaque type de visiteur et assumer la responsabilité de les appliquer.
  • Une fois le visiteur à l’intérieur du bureau, peut-il avoir accès à des points faibles ? Établissez des stratégies pour l’éviter.

Liste de contrôle : l’accès aux clés

  • Qui a accès à quelles clés et quand?
  • Où et comment les clés et leurs doubles sont-ils gardés?
  • Existe-il un contrôle des doubles des clés en circulation?
  • Est-il possible que quelqu’un puisse faire des doubles des clés sans autorisation?
  • Qu’arrive-t-il si quelqu’un perd une clé? La serrure correspondante doit être changée, à moins qu’il soit certain que la clé a été égarée par mégarde et que personne ne puisse identifier le propriétaire de la clé et son adresse. Souvenez-vous qu’une clé peut être volée, par exemple, lors d’un cambriolage fictif, dans le but de s’assurer l’accès au bureau.

Chaque membre de l’organisation a la responsabilité de prendre des mesures à l’encontre de toute personne qui n’observerait pas pleinement les procédures d’admission. Il/elle devrait également consigner tout mouvement de personnes ou de véhicules suspects dans le cahier des incidents de sécurité. Le même principe est valable pour tout objet placé à proximité du bâtiment, afin d’écarter tout risque potentiel de bombe. Si vous pensez qu’il s’agit d’une bombe, ne l’ignorez pas, ne la touchez pas, et contactez la police.

Lors d’un éventuel déménagement de bureau, ou si des clés ont été perdues ou volées, il est primordial de faire changer toutes les serrures de la zone d’entrée des bureaux.

Liste de contrôle : les procédures générales de sécurité du bureau

  • Equipez les locaux en extincteurs et en lampes électriques (fonctionnant sur piles que vous pouvez remplacer). Assurez-vous que tous les membres du bureau sachent s’en servir.
  • Installez un générateur d’électricité si des coupures de courant vous paraissent vraisemblables. Les coupures de courant peuvent compromettre la sécurité (lampes, alarmes, téléphones, etc.), surtout dans les zones rurales.
  • Ayez à portée de main une liste de numéros de téléphone d’urgence locaux, tels que la police, les pompiers, les ambulances, les hôpitaux les plus proches, etc.
  • En cas de risque de conflit à proximité, prévoyez des provisions d’aliments et d’eau.
  • Localisez les endroits sûrs à l’extérieur du bureau en cas d’urgence (par exemple, les bureaux d’autres organisations).
  • Aucune personne étrangère à l’organisation ne devrait être laissée seule dans une zone vulnérable avec accès aux clés, aux informations ou objets de valeur.
  • Les clés: ne laissez jamais des clés à un endroit auquel les visiteurs auraient accès. Ne « cachez » jamais des clés hors de l’entrée du bureau puisque cela les rendrait alors accessibles et non cachées.
  • Les procédures d’admission: si un intrus potentiel est autorisé à entrer dans le bureau, les barrières de sécurité n’offriraient aucune protection. Les points principaux à retenir sont:
    • Chaque membre est responsable du contrôle des visites et de l’admission.
    • Tout visiteur doit être accompagné pendant la durée entière de sa présence dans le bureau.
  • Si un visiteur sans autorisation est découvert dans le bureau:
    • N’affrontez en aucun cas quelqu’un qui vous semble pouvoir être violent pour parvenir à ses fins (au cas où par exemple la personne serait armée). Dans ce cas, alertez vos collègues, trouvez un endroit sûr pour vous cacher et tentez d’obtenir l’aide de la police.
    • Essayez avec la plus grande prudence d’entrer en contact avec la personne ou demandez de l’aide aux autres personnes présentes dans le bureau ou à la police.
  • Dans des situations à haut risque, gardez toujours les objets vulnérables, comme des informations stockées sur le disque dur, afin de les protéger de tout accès. En cas d’une évacuation d’urgence, emportez-les.
  • Sachez qu’en cas de confrontation avec un intrus potentiel, les personnes qui travaillent dans le bureau sont en première ligne. Veillez à ce qu’elles aient reçu la formation et le soutien nécessaires pour être en mesure de réagir à tout moment à toute situation possible, et cela sans se mettre en danger.

Inspections régulières de la sécurité du bureau

Contrôler ou inspecter régulièrement la sécurité du bureau est fondamental car les conditions de sécurité et les procédures varieront probablement au fil du temps, comme lorsque l’équipement se détériore ou que les membres se renouvellent fréquemment. Il est également important que les membres fassent leurs les règles de sécurité.

La personne responsable de la sécurité doit procéder au minimum à une révision de la sécurité du bureau tous les six mois. A l’aide de la liste ci-dessous, cela ne devrait pas prendre plus d’une ou deux heures. La/le responsable de la sécurité doit s’assurer que tous les membres se soient exprimés avant la rédaction du rapport final sur la sécurité et le soumettre ensuite à l’organisation qui prendra les décisions qui s’imposent et les mettra à exécution. Le rapport devrait alors être classé jusqu’à la révision de la sécurité suivante.

Liste de contrôle: révision de la sécurité du bureau

Objet de la révision: Effectuée par: Date:

1. Contacts en cas d’urgence:

  • Y a-t-il une liste à jour et à portée de main des numéros de téléphone et adresses des autres ONG locales, des hôpitaux d’urgence, de la police, des pompiers et des ambulances?

2. Barrières techniques et matérielles (extérieures, internes et à l’intérieur ):

  • Vérifiez l’état et le fonctionnement des portails/clôtures externes, des portes d’entrée au bâtiment, des fenêtres, des murs et du toit.
  • Vérifiez l’état et le bon fonctionnement de l’éclairage à l’extérieur, des alarmes, des caméras ou des interphones vidéo.
  • Vérifiez les procédures relatives aux clés, vérifiez que les clés soient étiquetées selon un code garantissant leur sécurité, vérifiez l’attribution des responsabilités du contrôle des clés et de leurs doubles, vérifiez que les clés et les doubles fonctionnent. Veillez à ce que les serrures soient renouvelées en cas de perte ou de vol des clés, et qu’on ait fait un rapport sur la perte ou le vol.

3. Les procédures d’admission et le "filtrage" des visiteurs:

  • Existe-il des procédures d’admission en vigueur pour chaque type de visiteur ? Est-ce que les membres les connaissent?
  • Faites le bilan de tous les incidents de sécurité attestés liés aux procédures d’admission ou "filtres "
  • Demandez aux membres du personnel responsables des procédures d’admission si celles-ci fonctionnent correctement et dans le cas contraire, quelles améliorations sont nécessaires.

4. La sécurité en cas d’accident:

  • Vérifiez l’état des extincteurs, des valves/tuyaux à gaz et des robinets d’eau, des prises électriques et des câbles, des générateurs d’électricité (s’ils existent).

5. Les responsabilités et la formation:

  • A-t-on désigné un(e) responsable de la sécurité ? Est-ce efficace ?
  • Existe-il une formation sur la sécurité du bureau ? Est-ce qu’elle aborde tous les éléments de cette révision ? A-t-on veillé à former les nouveaux membres à la sécurité ? La formation est-elle efficace ?