Mettre en oeuvre un plan de sécurité

Les plans de sécurité sont importants, mais difficiles à mettre en oeuvre. La mise en œuvre est bien plus qu’un simple processus technique, c’est un processus qui implique l’organisation dans son ensemble. Ceci signifie découvrir les angles d’attaque et les circonstances favorables ainsi que les obstacles et les difficultés.

Un plan de sécurité doit forcément être mis en œuvre à trois niveaux :

1. Le niveau individuel. Chaque personne doit respecter le plan afin que ce dernier fonctionne.
2. Le niveau de l’organisation. L’organisation entière doit respecter le plan.
3. Le niveau inter - organisation. Une certaine coopération entre les organisations intervient normalement dans le maintien de la sécurité.

Exemples d’angles d’attaque et de circonstances pour la mise en oeuvre d’un plan de sécurité:

* Plusieurs incidents de sécurité mineurs sont survenus dans votre organisation ou une autre et cela inquiète un certain nombre de membres. * La situation sécuritaire du pays est préoccupante. * De nouveaux membres arrivent et peuvent être formés pour appliquer de bonnes pratiques de sécurité dès le départ. * Une autre organisation vous propose une formation sur la sécurité.

Exemples de difficultés et d’obstacles lors de la mise en place d’un plan de sécurité:

* Certains pensent que plus de mesures de sécurité signifieront une charge de travail encore plus lourde. * D’autres pensent que la sécurité de l’organisation est déjà satisfaisante. * "Nous n’avons pas le temps pour des choses comme ça !". * "D’accord. Prenons le temps nécessaire d’en discuter samedi matin, mais cela s’arrêtera là".

* "Nous devons mieux prendre soin de ceux que nous voulons aider, pas de nous-mêmes."

Moyens pour améliorer la mise en oeuvre d’un plan de sécurité:

  • Tirez parti des circonstances et des angles d’attaque pour faire face aux problèmes et vaincre la résistance.
  • Avancez étape par étape. Il est inutile de croire que tout peut être fait en même temps.
  • Insistez sur l’importance de la sécurité pour votre mission principale au nom des victimes. Soulignez que la sécurité des témoins et des membres d’une famille est cruciale pour l’efficacité de votre mission principale et que la meilleure gestion passe par l’intégration de bonnes pratiques de sécurité à tous les domaines du travail. Dans les formations ou dans les discussions, prenez des exemples qui démontrent l’impact négatif probable d’une sécurité négligée pour les témoins et les victimes.
  • Un plan établi par deux “experts” et imposé à toute l’organisation est probablement voué à l’échec. La participation est la clé en matière de sécurité.
  • Un plan doit être réaliste et faisable. Une longue liste de choses à faire avant chaque mission sur le terrain ne fonctionnera pas. Limitez-vous au strict minimum nécessaire pour garantir la sécurité. C’est une raison de plus pour impliquer ceux qui effectuent le travail réel, par exemple les membres qui font des missions régulières.
  • Le plan n’est pas un document ponctuel. Il doit être révisé et mis à jour constamment.
  • Il ne faut pas voir le plan comme "encore plus de travail" mais comme "une meilleure façon de travailler". Persuadez les membres et collègues de ses avantages, comme par exemple, celui d’éviter les rapports répétés sur un même problème. Veillez à ce que les rapports sur les missions comportent une section consacrée à la sécurité, discutez systématiquement de la sécurité aux réunions d’équipe, intégrez les aspects de sécurité à d’autres formations, etc.

Insistez sur le fait que la sécurité n’est pas une affaire de choix personnel. Des décisions individuelles, des positions et un certain comportement qui affectent la sécurité peuvent avoir des conséquences pour la sécurité des témoins, des membres de la famille des victimes et des collègues. Il faut s’engager collectivement à mettre en œuvre de bonnes pratiques de sécurité.

  • Du temps et des ressources doivent être affectés à la mise en œuvre du plan puisque on ne pourra pas améliorer la sécurité pendant le temps libre des personnes. Pour qu’elles soient perçues comme « importantes », les activités de sécurité doivent figurer à côté d’autres activités « importantes ».
  • Tous doivent adhérer visiblement au plan, en particulier les directeurs et les personnes responsables du travail collectif. Il faut que les personnes qui refusent obstinément d’adhérer au plan soient blâmées ou sanctionnées.