Comprendre les concepts de menaces, vulnérabilité et capacité en sécurité.
Apprendre comment faire une analyse des risques.
Le travail des défenseurs des droits humains peut avoir des répercussions négatives sur les intérêts d’acteurs spécifiques, ce qui en retour peut mettre le défenseur en danger. Il est donc important de souligner que, dans certains pays, le risque fait partie du quotidien des défenseurs.
La question du risque peut se découper de la façon suivante:
Analyser les principaux intérêts et stratégies des parties prenantes→ Évaluer l’impact des actions des défenseurs des droits humains sur ces intérêts et stratégies→ Évaluer les menaces contre les défenseurs des droits humains→ Évaluer les vulnérabilités et capacités des défenseurs des droits humains→Établir un risque.
En d’autres termes, votre travail de défenseur peut vous exposer à un risque plus élevé.
Dans quelque circonstance que se soit, toute personne travaillant sur les droits humains peut être confrontée à un degré courant de risque. Cependant tous ne sont pas vulnérables de la même manière à ce risque courant tout simplement parce qu’ils se trouvent au même endroit. La vulnérabilité, la possibilité qu’un défenseur ou qu’un groupe soient victimes d’une agression, varie suivant plusieurs facteurs, comme nous allons le voir.
Exemple:
Il peut exister un pays dans lequel le gouvernement constitue une menace générale pour n’importe quelle action des défenseurs. Cela signifie que tout défenseur est susceptible d’être en danger. De plus, certains défenseurs sont plus confrontés au danger que d’autres. Par exemple, une grande ONG, bien établie et située dans la capitale du pays, ne devrait pas être aussi vulnérable qu’une petite ONG locale. Cela semble aller de soi, mais il peut s’avérer intéressant d’en connaître les raisons afin de mieux comprendre et de mieux répondre aux problèmes de sécurité des défenseurs.
Le niveau de risque auquel doit faire face un groupe de défenseurs augmente avec les menaces reçues et leur vulnérabilité à ces menaces comme le présente l’équation1 suivante :
RISQUE = MENACES x VULNÉRABILITÉ
Les menaces sont la possibilité que quelqu’un porte atteinte à l’intégrité physique ou morale ou aux biens d’une autre personne par un acte délibéré et souvent violent2. Faire l’évaluation d’une menace signifie analyser les probabilités d’une menace et de son exécution.
Les défenseurs sont confrontés à différentes menaces dans un scénario de conflits, notamment au ciblage, aux crimes de droit commun et aux menaces indirectes.
Le type le plus commun de menace, le ciblage, vise à entraver le travail d’un groupe ou à le modifier, ou encore à influencer les comportements des personnes concernées. Les menaces de ciblage sont en général étroitement liées au travail des défenseurs en question, tout comme aux intérêts et besoins des personnes opposées au travail des défenseurs.
Les défenseurs peuvent être confrontés à des menaces d’agressions criminelles de droit commun et plus particulièrement si leur travail les mène dans des régions à risque. Bon nombre d’incidents criminels de droit commun sont en réalité des menaces de ciblage.
Les menaces indirectes proviennent des dommages potentiels engendrés par les combats dans des conflits armés, en d'autres termes, du fait d’être au mauvais moment au mauvais endroit. Cela s’applique particulièrement aux défenseurs travaillant dans des zones de conflits armés.
Le ciblage (menaces ciblées) peut aussi être considéré comme un moyen complémentaire. Les défenseurs des droits humains peuvent être sujets à des menaces déclarées, par exemple lorsqu’ils reçoivent des menaces de mort (voir le chapitre 3 sur l’évaluation des menaces ouvertes). Il y a aussi des cas de menaces potentielles lorsqu’un défenseur proche de vous a été menacé et que tout porte à croire que vous serez la prochaine victime.
Par vulnérabilité on entend le degré de sensibilité à une perte, un dommage, une souffrance ou une mort en cas d’agression. Cela peut varier d’un défenseur à un autre, et changer avec le temps. La vulnérabilité est toujours relative, parce que toutes les personnes et les groupes sont vulnérables dans une certaine mesure. Cependant, chacun a son propre degré et type de vulnérabilité, selon les circonstances. Voici quelques exemples :
Les capacités sont les forces et les ressources auxquelles un groupe ou un défenseur peut avoir accès pour mettre en place un niveau raisonnable de sécurité. Des exemples de capacités pourraient être la formation à des questions de sécurité ou des sujets juridiques, un groupe travaillant en équipe, l’accès à un téléphone et à des moyens de transport sûrs, à de bons réseaux de défenseurs et à une bonne façon de faire face à la peur, etc.
Dans la plupart des cas, les vulnérabilités et les capacités correspondent aux deux faces d'une même médaille.
Exemple:
Ne pas connaître suffisamment son travail et le contexte de travail engendre une vulnérabilité, tandis que la connaissance de ceux-ci résulte en une capacité. Idem lorsqu’on a accès ou non à des moyens de transport sûrs ou qu’on a affaire à de bons réseaux de défenseurs.
À la fin de ce chapitre se trouve une liste de vulnérabilités et de capacités potentielles.
Le danger créé par les menaces et les vulnérabilités peut être diminué si les défenseurs possèdent des capacités suffisantes. Plus il y a de capacités, moins il y a de danger.
Risque = menaces x vulnérabilité
______________
capacités

Résumé:
Afin de réduire le danger à des niveaux acceptables, c’est-à-dire pour assurer la protection, vous devez :
* Réduire les menaces. * Réduire les facteurs de vulnérabilité. * Augmenter les capacités de protection.
Le risque est un concept dynamique qui varie avec le temps et avec les changements de la nature des menaces, des vulnérabilités et des capacités. Cela signifie que le risque doit être évalué périodiquement, particulièrement si votre contexte de travail, les menaces ou les vulnérabilités changent. Par exemple, les vulnérabilités peuvent augmenter si un changement de direction met le groupe de défenseurs dans une position plus faible qu’avant. Le risque s’accroît de façon dramatique lorsque la menace est précise et réelle. Dans une telle situation il n’est pas prudent d’essayer de réduire le risque en augmentant les capacités puisque cela prend du temps.
La prise de mesures de sécurité, telles que la formation juridique ou les barrières de protection, réduiraient le risque tout en réduisant les facteurs de vulnérabilité. Cependant, de telles mesures ne s'attaquent pas à la source principale de risques, les menaces, ni à la volonté de les mettre à exécution, surtout dans des situations où les exécutants savent qu’ils ne courent pas le risque d’être punis. Toutes les interventions majeures en terme de protection devraient donc viser à réduire les menaces, tout en réduisant les vulnérabilités et en augmentant les capacités.
Exemple:
Un petit groupe de défenseurs travaille sur des questions de la propriété terrienne dans une ville quelconque. Lorsque leur travail commence à affecter les intérêts des propriétaires locaux, ces défenseurs reçoivent des menaces de mort très claires. Si vous appliquez l’équation du risque à leur situation de sécurité, vous remarquerez que le risque encouru par les défenseurs est très élevé, en premier lieu à cause de cette menace de mort. Si vous voulez réduire ce risque il est probable que ce ne soit pas le moment voulu pour commencer à changer les verrous de la porte d’un bureau (puisque le risque ne provient pas d’une effraction éventuelle dans le bureau), ni le moment pour acheter un téléphone portable à chaque défenseur (même si communiquer représente une importante question de sécurité, il est presque certain qu’un téléphone ne soit pas suffisant lorsque quelqu’un a décidé de vous tuer). Dans ce cas précis, une stratégie plus adéquate serait d’établir des contacts et d’obtenir des réponses politiques afin de faire face directement à la menace (et si cela s’avère ne pas être une réponse efficace rapide, la meilleure solution est de réduire l’exposition au risque des défenseurs, peut-être par un déplacement provisoire. Être capable de se déplacer vers un endroit sûr constitue une capacité).
Les vulnérabilités et les capacités, tout comme certaines menaces, peuvent varier selon le genre et l’âge. À vous de faire vos recherches en conséquence.
Mettre au point une analyse des vulnérabilités et des capacités pour un groupe particulier (ou une personne) implique une définition du groupe lui-même (une communauté, une coopérative, une ONG, des individus, etc.), de la région physique où il est localisé et de la période temporelle (votre profil de vulnérabilité évoluera et changera au cours du temps). Pour faire l’analyse dans les grandes lignes des vulnérabilités et des capacités, utilisez le tableau 3 à la fin de ce chapitre.
À noter: l’analyse des vulnérabilités et des capacités doit être envisagée comme une activité permanente qui vise à se baser sur des informations existantes afin de maintenir une vision exacte d’une situation en constante évolution. Lors de l’analyse des capacités, il est important d’établir les capacités réelles du moment et non pas de faire la liste des capacités potentielles et souhaitables.
Les défenseurs et groupes menacés utilisent différentes stratégies pour faire face aux risques qu’ils encourent. Ces stratégies varient complètement suivant le milieu (rural ou urbain), le type de menace, les ressources sociales, financières ou juridiques à leur disposition, etc.
La plupart des stratégies pour faire face peuvent être mises en place immédiatement et répondent à des objectifs à court terme. Elles font alors plus office de tactique que de stratégie de réaction détaillée. Nombre de stratégies peuvent correspondre aux visions subjectives de chaque individu sur le risque, mais peuvent, à long terme, nuire au groupe jusqu'à un certain degré, plus particulièrement si ces stratégies sont irréversibles.
Les stratégies pour faire face sont étroitement liées au type et à la sévérité de la menace et aux vulnérabilités et capacités du groupe.
Lors de la réflexion sur la sécurité et la protection vous devez tenir compte à la fois de vos propres stratégies d’adaptation et de celles des autres. Renforcez les plus efficaces, essayez de limiter les plus préjudiciables et de respecter celles qui restent (spécialement les stratégies d’adaptation liées aux croyances culturelles et religieuses). Quelques stratégies pour faire face:
Les défenseurs ont aussi recours à des stratégies de réaction. Celles-ci peuvent inclure publier des rapports sur une question spécifique, faire des allégations, organiser des manifestations, etc. Dans beaucoup de situations, ces stratégies ne comptent pas comme stratégies à long terme mais relèvent de besoins à court terme. Dans certains cas, les stratégies de réaction peuvent entraîner des problèmes de sécurité plus grands que ceux auxquels ils étaient censés répondre.
Lors de l’analyse des stratégies pour faire face et réagir aux menaces, il convient de tenir compte de:
Une fois votre évaluation du risque réalisée, vous devrez étudier les résultats. Comme il est impossible de mesurer la "quantité" de risque encouru vous devrez comprendre le degré de risque.
Différents défenseurs et organisations peuvent estimer différents degrés de risque. Ce qui est inacceptable pour certains défenseurs peut être acceptable pour d’autres, et il en va de même pour les personnes d’une même organisation. Plutôt que de discuter de ce qui "doit" être fait ou de savoir si vous êtes ou non prêt à continuer, les différents seuils de risque des personnes doivent être identifiés : vous devez trouver un seuil acceptable pour tous les membres du groupe.
Ceci dit, il y a différents moyens de faire face à un risque:
Tenez compte du fait que les degrés de risque varient en général d’une organisation ou d’un individu à une autre et que les agresseurs ont habituellement tendance à s’en prendre aux parties les plus faibles, si bien que vous devez faire attention à ces différents degrés et prendre des mesures spécifiques. Par exemple, prenons le cas d’un paysan assassiné par la milice privée d’un propriétaire foncier. Plusieurs organisations et individus peuvent être impliqués, comme un groupe d’avocats de la ville la plus proche, un syndicat d’agriculteurs locaux et trois témoins (des paysans vivant dans le village d’à côté). Il est crucial d’évaluer les différents degrés de risque pour chacune des trois parties afin de planifier correctement la sécurité de chacun d’entre eux.
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COMPOSANTS DE VULNÉRABILITÉS OU DE CAPACITÉS
INFORMATIONS NÉCESSAIRES À L’ANALYSE DES VULNÉRABILITÉS OU CAPACITÉS DE CES COMPOSANTS
À noter : en règle générale, l’information contenue dans la colonne de droite peut montrer qu’un composant donné, dans la colonne de gauche, est soit une vulnérabilité soit une capacité d’un défenseur ou groupe de défenseur particulier.
Besoin d’être dans, ou de traverser, des zones dangereuses dans le cadre d’activités quotidiennes ou occasionnelles.
Les caractéristiques des bâtiments (bureaux, maisons, refuges…) ; matériaux de construction, portes, fenêtres, placards. Barrières de protection. Veilleuses.
Vos bureaux sont-ils ouverts au grand public ? Existe-t-il des zones strictement réservées au personnel ? Avez-vous affaire à des visiteurs qui vous sont inconnus ?
Avez-vous des endroits pour vous cacher ? Sont-ils faciles d’accès (distance physique) et qui y a accès (individus spécifiques ou groupe entier) ? Pouvez-vous quitter la région si nécessaire ?
Quelle est la difficulté pour les visiteurs extérieurs (fonctionnaires du gouvernement, ONG etc.) d’accéder à cette région, par exemple dans un voisinage dangereux? Quelle est la facilité d’accès pour les agresseurs potentiels?
Les défenseurs ont-ils accès à des moyens de transport sûrs (publics ou privés) ? Est-ce que ceux-ci ont des avantages ou des inconvénients particuliers ? Les défenseurs ont-ils accès à des logements sûrs lorsqu’ils voyagent ?
Existe-t-il des réseaux de communication en place (radio, téléphone) ? Les défenseurs y ont-ils un accès facile ? Ces réseaux fonctionnement-ils correctement en permanence ? Peuvent-ils être coupés par les auteurs des menaces avant une agression ?
Les défenseurs ont-ils des liens avec les parties en conflit (parents, de la même région, mêmes intérêts) qui pourraient être utilisés injustement contre ces derniers ?
Le travail des défenseurs affecte-t-il directement ::les intérêts d’un acteur ? (Par exemple, en défendant des ressources naturelles précieuses, le droit à la terre, ou d’autres cibles potentielles pour des acteurs puissants) Travaillez-vous sur un problème particulièrement sensible pour des acteurs puissants (comme par exemple la propriété terrienne) ?
Les défenseurs des droits humains ont-ils des objets qui pourraient s’avérer précieux aux yeux de groupes armés, et par conséquent accroître le risque d’être pris pour cible (essence, aide humanitaire, batteries, manuels sur les droits humains, manuels sur la santé, etc.) ?
Possédez-vous des informations sur les zones de conflits ? Et sur les zones de sécurité pour vous aider à garantir votre propre sécurité ? Possédez-vous des informations fiables sur les zones minées ?
Les défenseurs des droits humains peuvent–ils entamer des procédures judiciaires pour défendre leurs droits ? (accès à une représentation juridique, présence physique aux procès ou aux entretiens, etc.) Les défenseurs des droits humains peuvent-ils bénéficier d’une assistance appropriée de la part des autorités compétentes en vue de leurs actions et de leurs besoins de protection ?
Les défenseurs des droits humains sont-ils juridiquement autorisés à revendiquer leurs droits ? Ou sont-ils sujets à des lois nationales de répression ? Peuvent-ils obtenir assez d’influence pour que les autorités prennent en compte leurs revendications?
Les défenseurs des droits humains se voient-ils privés d’un statut juridique ou doivent-ils se soumettre à de longs délais ? Leur organisation est-elle capable de tenir des comptes et de satisfaire les normes juridiques nationales ? Utilisez-vous des logiciels informatiques pirates ?
Les défenseurs possèdent-ils des informations fiables sur lesquelles ils peuvent baser leurs accusations ? Les défenseurs rendent-ils publique l’information avec la précision et les méthodes nécessaires ?
Les défenseurs ont-ils la possibilité de garder les informations dans des lieux sûrs ? Ces informations pourraient-elles être volées ? Ces informations sont-elles protégées d’éventuels virus et de pirates de l’informatique ? Pouvez-vous envoyer et recevoir des informations en toute sécurité ?
Les défenseurs sont-ils des témoins cruciaux dans des affaires qui mettent en cause des acteurs puissants ? Les défenseurs ont-ils les informations pertinentes et uniques sur une affaire, ou une procédure, particulières ?
Les défenseurs possèdent-ils une explication claire, viable et cohérente de leurs actions et objectifs ? Cette explication est-elle acceptable, ou tout au moins tolérable, pour la plupart ou toutes les parties prenantes (et tout particulièrement les groupes armés) ? Tous les membres du groupe sont-ils capables de fournir cette explication lorsque c’est nécessaire?
Le groupe est–il structuré ou organisé d’une façon particulière ? Cette structure fournit-elle un niveau acceptable de cohésion au groupe ?
La structure du groupe reflète-t-elle des intérêts particuliers ou représente-t-elle l’ensemble du groupe ? Est-ce que les responsabilités majeures et la prise de décisions s’effectuent par une ou plusieurs personnes ? Existe-t-il une procédure de suppléance pour la prise de décisions et de responsabilités ? Jusqu’à quel niveau la prise de décision reste-t-elle participative ? Est-ce que la structure du groupe permet : a) des prises de décisions et mise en application en commun, b) des discussions des problèmes en commun, c) des réunions sporadiques et inefficaces, d) aucunes des trois solutions ci-dessus ?
Existe-il des règles et procédures de sécurité en place ? Existe-il une bonne compréhension et une adhésion aux procédures de sécurité ? Le personnel respecte-t-il ces règles? (Pour plus de détails, consulter le chapitre 8) Gestion de la sécurité en dehors du travail (famille et temps libre) Comment les défenseurs emploient-ils leur temps libre (famille et passe-temps) ? L’alcool et la drogue représentent de grandes vulnérabilités. Les relations sociales peuvent aussi entraîner des vulnérabilités (tout comme des atouts).
Les contrats de travail sont-ils en règle pour tous ? Avez-vous accès aux fonds d’urgence ? Assurances ? Recrutement du personnel Avez-vous des procédures appropriées pour recruter le personnel, les collaborateurs et les membres ? Possédez-vous une procédure de sécurité spécifique pour les volontaires temporaires (tels que les étudiants, par exemple) ou visiteurs ?
Votre travail comprend-il des entretiens directs avec les personnes ? Connaissez-vous bien ces personnes ? Travaillez-vous avec une organisation interface entre vous et ces personnes ?
Evaluons-nous le risque encouru par les victimes et les témoins, etc., lorsque nous travaillons sur des cas précis ? Avons-nous des mesures de sécurité précises lorsque nous les rencontrons dans les bureaux ou à l’extérieur. S’ils sont menacés, comment devons-nous réagir ?
Les défenseurs sont-ils bien intégrés socialement dans le voisinage ? Certains groupes sociaux perçoivent-ils le travail des défenseurs positivement ou comme préjudiciable ? Les défenseurs sont-ils entourés de gens potentiellement hostiles (voisins agissant comme informateurs, par exemple) ?
Les défenseurs sont-ils capables de mobiliser des personnes pour des actions publiques ?
Est-ce que les individus principaux, ou le groupe, ont confiance en leur travail ? Les gens expriment-ils ouvertement leur sentiment d’appartenance à un groupe et d’adhésion à des objectifs communs (à la fois à travers les mots et les actions) ? Est-ce que le niveau de stress nuit à la bonne communication et aux relations entre le personnel ?
Les sentiments de déprime et de perte d’espoir sont-ils ouvertement exprimés (à la fois à travers les mots et les actions) ?
Les défenseurs ont-ils accès aux informations précises sur leurs conditions de travail, sur les parties prenantes et leurs intérêts ? Sont-ils capables de traiter ces informations et d’obtenir une compréhension des menaces, des vulnérabilités et des capacités ?
Les défenseurs peuvent-ils définir et, en particulier, mettre en place des plans d’action ? Existe-il des exemples préalables ?
Est-ce que le groupe peut obtenir des conseils sûrs ? De sources légitimes ? Le groupe peut-il faire des choix indépendants sur les sources à utiliser ? Avez-vous accès à des organisations particulières ou à un statut de membre qui améliore vos capacités de protection ?
Est-ce que les personnes ou le personnel à votre disposition couvrent la masse de travail nécessaire ? Pouvez-vous planifier des visites sur le terrain en groupe (au moins deux personnes) ? Ressources financières Possédez-vous les moyens financiers nécessaires pour assurer votre sécurité ? Pouvez-vous manier de l’argent en toute sécurité ?
Parlez-vous les langues nécessaires à votre travail dans la région? Avez-vous une bonne connaissance de la région ? (routes, villages, téléphones publics, centres de santé, etc)
Les défenseurs ont–ils des contacts nationaux ou internationaux ? Pour visiter les délégations, les ambassades, les autres gouvernements, etc. ? Avec les leaders des communautés, les leaders religieux, et autres personnes d’influence ? Avez-vous la possibilité de publier des actions urgentes à travers d’autres groupes ?
Est-ce que les défenseurs ont accès aux médias (nationaux ou internationaux) ? Aux autres médias (indépendants) ? Est-ce que les défenseurs savent comment entretenir de bonnes relations avec les médias ?
Une balance fournit un autre moyen de compréhension du concept de risque. On pourrait appeler cela « le risque-mètre ». Si nous prenons deux boîtes, l’une avec nos menaces et vulnérabilités et l’autre avec nos capacités, et que nous les plaçons sur les deux plateaux de la balance, on peut alors remarquer comment nos risques augmentent ou diminuent.

Plus nous sommes confrontés à des menaces et plus nous possédons de vulnérabilités, plus le risque est grand.

plus nous possédons de capacités, moins nous sommes confrontés à des risques. Afin de réduire les risques, nous pouvons réduire nos menaces et nos vulnérabilités tout en augmentant nos capacités.

Mais… regardez ce qui arrive si nous sommes confrontés à des menaces importantes : rien ne sert d’essayer d’augmenter nos capacités à ce moment-là, la balance montrera de toute façon un niveau de risque élevé.
