Bolivie

En Bolivie, les défenseurs des droits humains font l’objet d’actes d’intimidation, de menaces, de raids dans leurs bureaux, de confiscation de leurs biens, d’expulsions de force, de harcèlement judiciaire, d’interrogatoires, de rapts, d’agressions armées, de mauvais traitements, de passages à tabac, de tentatives de meurtre et d’assassinat. Des groupuscules au style paramilitaire et des gangs armés privés payés par les propriétaires terriens ou par des hommes d’affaires, sont à l’origine de la plupart de ces agressions. La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies écrit dans son rapport sur la situation des défenseurs des droits humains que la communauté bolivienne des défenseurs est disparate : on y retrouve des ONG, des mouvements sociaux mais aussi des particuliers comme des avocats, des leaders indigènes, des journalistes et des syndicalistes (E/CN.4/2006/95/Add.5 pages 44-45). Les droits des populations indigènes, des paysans et des agriculteurs sont une des grandes préoccupations des défenseurs boliviens des droits humains, car ces populations ont maintes fois été expulsées de force de terres qu’elles revendiquent à juste titre. Les travailleurs sans terre, les producteurs de coca et les personnes qui font campagne pour les droits écologiques sont également victimes de menaces et d’agressions. Les droits de la femme et de l’enfant sont activement promus et défendus. Les ONG se heurtent à des difficultés et à des délais injustifiés lorsqu’elles sollicitent leur enregistrement. Il est inquiétant que le gouvernement n’ait pris aucune mesure pour protéger comme il se doit les défenseurs des droits humains qui sont pris pour cible en raison de leurs actions légitimes en faveur des droits humains.