Bangladesh

VUE D'ENSEMBLE

Un cadre juridique restrictif est l'un des obstacles majeurs au travail des défenseur-ses des droits humains au Bangladesh. Un certain nombre de sections du Code Pénal puni, parfois même de prison à vie, ceux et celles qui commettent des actes « qui portent préjudice à l'État ». Ces sections donnent lieu à des interprétations très larges et conduisent à des manipulations politiques ; elles sont utilisées contre les voix critiques et les opposant-es. Le Bureau du Gouvernement pour les ONGs , qui régule les ONGs et à qui toutes les ONGs doivent demander l'accord avant de recevoir des fonds étrangers, aurait utilisé des procédures bureaucratiques et des tactiques de harcèlement afin d'obstruer le travail des défenseur-ses des droits humains. Il existe aussi plusieurs lois et règles qui limitent la liberté d'expression, et restreignent notamment le travail des journalistes. Celles-ci incluent notamment une législation qui autorise la police et « toute autre personne chargée au nom du gouvernement » de saisir les médias non-autorisés, tels que les journaux et les imprimeurs suspectés de les avoir imprimés. De nombreux-ses défenseur-ses et journalistes ont été arrêté-es pour avoir publié des articles ou pour avoir diffusé des informations au public concernant des violations des droits humains présumées. L'Emergency Power Rules (EPR) a été appliquée après la déclaration de l'état d'urgence le 11 janvier 2007. L'EPR autorise tout personnel chargé de faire respecter la loi à arrêter toute personne suspecte sans mandat d'arrêt et, il autorise la police et d'autres autorités à arrêter les défenseur-ses accusé-es d'extorsion de fonds et de trouble de l'ordre public.

Le contexte politique reste très polarisé et les défenseur-ses des droits humains sont invariablement classé-es du côté des partisans. Le Bangladesh a organisé ses premières élections parlementaires au niveau national en décembre 2008, mais, avant les élections, les restrictions à la liberté de réunion et d'association ont été renforcées. Souvent, les défenseur-ses qui parlent ouvertement des violations des droits humains sont discrédité-es par le gouvernement car ce dernier les lie à l'opposition et par conséquent, leurs critiques ne sont pas prises en compte.

Alors que tou-tes les défenseur-ses des droits humains en général sont victimes de menaces, agressions physiques, détention arbitraire, torture lors des détentions, harcèlement et meurtres, les plus vulnérables aux attaques sont les défenseur-ses qui: critiquent les autorités et les membres du parti au pouvoir qui commettent des violations des droits humains; révèlent les liens entre les politiciens, la police et les gangs criminels armés; critiquent les violations des droits humains commises par les partis islamiques; révèlent la corruption de l'administration au pouvoir et des personnes chargées de faire appliquer la loi ainsi que les défenseur-ses qui travaillent en faveur des droits des minorités, en particulier les minorités religieuses. Les personnes qui défendent le droit à la terre des populations indigènes risquent constamment d'être arrêtées et torturées en détention. Les ONGs et les personnes qui travaillent pour le renforcement des capacités des femmes sont menacées. Les journalistes sont eux/elles aussi régulièrement menacé-es et sont victimes de détention arbitraire et de torture, notamment les journalistes qui enquêtent sur les violations des droits humains commises par les forces de sécurité.

Les responsables des attaques contre les défenseur-ses et les journalistes seraient membres du parti au pouvoir, membres ou supporters des groupes islamistes ainsi que membres de gangs armés. La Rapporteur Spéciale des Nations Unies pour les Défenseurs des Droits Humains a fait part de ses inquiétudes car certains droits humains inscrits dans la Déclaration des Nations Unies sur les Défenseurs des Droits Humains sont restreints au nom de la réglementation d'urgence, en particulier la liberté de réunion et d'association. Des rapports sur des allégations de torture et de mauvais traitements de défenseur-ses en détention provisoire indiquent une détérioration des conditions de détention des défenseur-ses des droits humains.

CASE INDEX

2011/11/9

Le 23 octobre 2011, dans le district de Satkhira situé dans le sud-ouest du Bangladesh, la défenseuse des droits humains Mme Shampa Goswami a été harcelée par un groupe d’hommes qui serait lié à des personnes accusées d’avoir violé une femme âgée.

2011/05/27

Le 24 mai 2011, le défenseur des droits humains M. Dipal Barua aurait été enlevé par des inconnus, maltraité et interrogé à propos de son travail en faveur des droits humains. Il a été libéré et raccompagné chez lui à Dhaka, le lendemain. Dipal Barua travaille avec...

2011/05/5

Le 29 avril 2011, le défenseur des droits humains et journaliste M. FMA Razzak a été enlevé et brutalement agressé à Paikgachha, au Bangladesh. Il est toujours dans un état grave à l'hôpital à Dhaka, suite à un violent passage à tabac et des actes de torture. FMA...

2011/03/9

Le 4 mars 2011, le défenseur des droits humains, M. FMA Razzak, a été menacé par un membre de la famille d’un Major de l’armée du Bangladesh, dans ce qui constitue le dernier acte d’une série de menaces, intimidations et attaques contre lui.

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2011/01/30

Le 25 janvier 2011, un individu a été arrêté car il est suspecté d’avoir participé à l’agression physique et au braquage des défenseurs des droits humains messieurs Shahanur Islam, Shohel Ahmed et Uzzal Hossain ; il est actuellement placé en détention provisoire....