Asie-Pacifique
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VUE D'ENSEMBLE
Sur toute l'année 2010, des défenseurs des droits humains en Asie ont subi des attaques de la part d'acteurs du gouvernement ou hors-gouvernement et des exécutions extrajudiciaires ainsi que des disparitions forcées, des arrestations et placements en détention arbitraires, un harcèlement judiciaire, des menaces de mort, des fouilles de locaux et des cyber-attaques ont été signalés. La dénonciation de violations des droits humains a été quasiment nulle ou très tardive dans des pays tels que la Birmanie, le Laos, la Corée du Nord et le Vietnam où les conditions étaient telles que les individus et les organisations étaient entièrement ou presque entièrement incapables d'opérer. Les restrictions de la liberté d'expression, d'association et de rassemblement ont résulté dans des poursuites judiciaires pour un grand nombre de défenseurs des droits humains à travers la région.
La levée de la consignation à domicile du leader pro démocratie Aung San Suu Kyi en novembre 2010 a redonné de l'espoir à tous ceux qui défendent les droits humains en Birmanie. Cependant, la liberté d'expression, d'association et de rassemblement est toujours fortement entravée et certains défenseurs des droits humains ont purgé de longues peines de prison sans avoir été jugés ni avoir pu recourir à un conseil judiciaire indépendant dans leur combat contre les politiques sévères appuyées par l'armée.
Au Cambodge, les défenseurs des droits humains, en particulier les syndicalistes, les activistes pour le droit à la terre et les journalistes, ont continué à exprimer leurs critiques à l'égard de la politique de l'état, et ceux qui ont élevé la voix face à l'injustice se sont vu arrêter et emprisonner et ont subi des actes d'intimidation. Le nombre de défenseurs des droits humains ayant été attaqués en justice pour des charges fictives a augmenté en 2010. Le projet de loi sur les associations et les ONG, présenté en décembre 2010 et toujours en attente, est particulièrement préoccupant. S'il est adopté, cela signifierait l'introduction d'une inscription obligatoire pour toutes les ONG avant qu'elles puissent être autorisées à « exercer toute activité » et la procédure d'inscription impliquerait de lourdes contraintes. Le projet de loi inclut de vagues propositions pouvant permettre la fermeture ou le rejet de candidats à l'inscription et imposerait une obligation pour les organisations internationales de collaborer avec le gouvernement pour la planification, la mise en œuvre et l'évaluation de leurs projets.
L'année 2010 fut une autre année difficile pour les défenseurs des droits humains en Chine, même si la remise du prix Nobel de la paix à Liu Xiaobo a grandement remonté le moral de ceux qui sont engagés dans la défense des droits humains. L'état a continué à harceler et à intimider des avocats, des blogueurs, des écrivains, des journalistes, des activistes religieux défendant les droits humains et des responsables de campagnes de promotion de la santé. Le cas de l'avocat de défense des droits humains Gao Zhisheng démontre jusqu'où le gouvernement chinois est capable d'aller afin de faire taire les opposants. Il a brièvement refait surface en mars 2010 suite à un an de séquestration aux mains des services de sécurité de l'état et il a déclaré avoir été brutalement torturé. Il a disparu une nouvelle fois le 20 avril 2010 et personne n'a eu de ses nouvelles depuis. Les actes de répression ayant suivi l'annonce du prix Nobel de la paix ont été sans précédent. De nombreux défenseurs des droits humains de toute la Chine ont disparu, ont été assignés à résidence, privés de visa pour quitter le pays ou très lourdement surveillés. Au moment où nous écrivons, la femme de Liu Xiaobo est toujours totalement assignée à résidence sans aucun contact avec le monde extérieur.
En Inde, la taille et la diversité du pays font que les défenseurs des droits humains sont exposés à différents dangers et doivent relever différents défis dans différentes régions. Certaines régions telles que Jammu et le Cachemire et le Nord-Est posent des problèmes supplémentaires en raison des troubles sociaux. Le cas du docteur Binayak Sen, du bureau régional de l'Union populaire pour les libertés civiles à Chhattisgarh a été largement médiatisé. En décembre 2010, il a été condamné à la prison à perpétuité pour rébellion et conspiration. La sévérité de la peine reflète l'intention du gouvernement de montrer aux défenseurs des droits humains de tout le pays que leurs actions ne resteront pas impunies.
Les défenseurs des droits humains d'Indonésie sont toujours en danger. La criminalisation des défenseurs des droits humains sur des charges fictives, dont l'utilisation de lois sur la calomnie, est toujours employée par l'état pour faire taire les critiques. En 2010, aucune amélioration n'a été rapportée concernant la mise en œuvre de mécanismes visant à protéger les personnes en danger. Les groupes coupables d'attaques contre des défenseurs des droits humains, qu'ils soient issus du gouvernement ou non, ont continué à jouir d'une impunité quasi totale. Au Pakistan, les organisations civiles et les défenseurs des droits humains opèrent dans un environnement vraiment risqué. Les défenseurs des droits des femmes, les juges et les avocats ainsi que ceux qui travaillent sur des sujets liés à la religion et au blasphème ont été particulièrement exposés. Dans la province de Khyber- Pakhtunkhwa, ainsi que dans les zones tribales, les talibans ont continué à imposer de très sévères restrictions au mouvement des femmes et à prendre pour cible ceux qui œuvrent pour les droits de la femme. Les avocats travaillant sur des cas de blasphèmes ont été les cibles permanentes de menaces et de harcèlement et ont dû travailler dans un climat de peur.
Aux Philippines, le nombre d'exécutions extrajudiciaires de défenseurs des droits humains a régressé au cours des deux ou trois dernières années. Cela dit, le gouvernement a continué à persécuter les personnes s'exprimant et à les salir en les accusant d'être liés à des groupes armés. La peur bien fondée concernant l'existence de listes de cibles militaires est toujours actuelle, et de nombreux noms sur ces listes sont des noms de défenseurs des droits humains. En conséquence, bon nombre d'entre eux sont toujours basés dans des bâtiments sécurisés à usage temporaire. Il a été rapporté que des listes de cibles concernant des défenseurs des droits humains existent au Sri Lanka. En mars 2010, les médias ont signalé que les services secrets de l'état ont établi une liste de 35 personnes considérées comme membres de l'opposition et identifiées comme cibles. La liste inclut J.C. Weliamuna de Transparency International Sri Lanka, Paikiasothy Saravanamuttu du Centre pour des alternatives politiques et plusieurs autres défenseurs des droits humains et journalistes. Plusieurs cas d'attaques, de menaces et de restrictions du travail des défenseurs des droits humains ont été signalés en 2010, en particulier dans le Nord et l'Est.
Les défenseurs des droits humains au Vietnam sont toujours considérablement en danger car le gouvernement utilise le système législatif pour éliminer toute forme de contestation. Quatre défenseurs des droits humains au moins ont été accusés de propagande contre l'état et ont été catalogués comme terroristes pour avoir protesté contre des abus ou pour avoir critiqué la politique du gouvernement.
NOUVELLES
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13 octobre 2010
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05 octobre 2010
LIENS
- Forum Asie Pacifique sur les femmes, le droit et le développement
- Programme de formation en diplomatie
- Commission asiatique des droits de l'homme
- Human Rights and Peace Society (Nepal
- Commission des droits de l'homme du Pakistan
- Conseil des droits de l'homme d'Australie
- Human Rights in China (HRIC)
- Shan Women’s Action Network (SWAN) (Burma/Thailand)
- Institute for Policy Research and Advocacy (ELSAM) Indonesia
- Tenaganita SDN BHD (Malaysia)
- Urban Poor Consortium (Indonesia)
- Women’s League of Burma
- Olympic Watch: Human Rights in China and Beijing 2008





