République démocratique du Congo
Après une période de conflit, la République démocratique du Congo traverse une phase de transition dans laquelle les défenseurs des droits humains continuent de travailler au péril de leur vie, dans une atmosphère de violence, d’hostilité et d’instabilité. En l’absence d’un État de droit, c’est l’impunité qui règne en maître. La liberté d’expression et la liberté de réunion sont très réduites. Des membres d'associations des droits humains et des journalistes sont pris pour cible. L’ONU indique qu’on peut difficilement connaître le chiffre exact des organisations formant la communauté des droits humains et que la situation, le rôle et les capacités des défenseurs congolais des droits humains sont intrinsèquement liés à la situation de ce pays où les ONG et défenseurs des droits humains se heurtent à de lourdes contraintes financières, techniques et matérielles. Au sein de cette communauté, on retrouve des associations militant pour les droits de la femme, les droits des populations indigènes et contre la corruption. Les défenseurs des droits humains sont souvent victimes d’intimidation, de stigmatisation, de surveillance constante, d’interdictions de voyager, d’arrestations arbitraires, de détentions sans contact avec l’extérieur, d’actes de torture, de mauvais traitements en prison (interdiction de voir leurs avocats ou de recevoir des soins médicaux), d’agressions physiques et de menaces de mort. Les exécutions sommaires de défenseurs sont restées impunies et beaucoup de défenseurs ont dû se cacher ou s’exiler suite aux menaces proférées à leur égard ou à l’égard de leurs familles par les forces de sécurité. En juillet 2006, Pascal Kabungulu, Secrétaire exécutif des Héritiers de Justice, a été abattu ; l’enquête est toutefois restée lacunaire et le ou les auteurs n’ont jamais été traduits en justice. La liberté d’expression est fortement restreinte ; des défenseurs ont été pris pour cible après avoir publiquement mis en évidence les violations des droits humains commises par des candidats à l’élection et par d’autres fonctionnaires, après avoir protesté contre la corruption, la mauvaise gestion de l’économie et l’exploitation abusive des ressources naturelles par les pouvoirs publics et après avoir coopéré avec le Tribunal pénal international. La liberté de réunion est également restreinte, puisque les manifestations sont soumises à une autorisation préalable des autorités, que celles-ci accordent rarement.