République démocratique du Congo
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La situation en République Démocratique du Congo (RDC) est toujours volatile et les défenseurs des droits humains sont exposés à de sérieux dangers. Après une période de conflit, la République Démocratique du Congo traverse une phase de transition au cours de laquelle les défenseurs des droits humains continuent de travailler au péril de leur vie, dans une atmosphère de violence, d’hostilité et d’instabilité. En l’absence d’un État de droit, c’est l’impunité qui règne en maître. En menant des activités telles que des enquêtes et des rapports sur les atrocités, le combat contre les violences sexuelles, le plaidoyer en faveur d’élections justes et pour un journalisme indépendant, les défenseurs des droits humains s’exposent à des menaces et des attaques. Ce phénomène s’est renforcé depuis début 2008.
Les défenseurs des droits humains congolais sont souvent victimes d’intimidation, de stigmatisation, de surveillance constante, d’interdictions de voyager, d’arrestations arbitraires, de détentions sans contact avec l’extérieur, d’actes de torture, de mauvais traitements en prison (interdiction de voir leurs avocats ou de recevoir des soins médicaux), d’agressions physiques, de menaces de mort et parfois de torture ou de meurtre par des agents du gouvernement ou des groupes armés. De nombreux défenseurs ont dû se cacher ou s’exiler suite aux menaces proférées à leur égard ou à l’égard de leurs familles.
La situation des défenseurs des droits humains dans l’est de la RDC est particulièrement précaire. De nombreux défenseurs et journalistes ont été tués ces dernières années. Depuis juillet 2005, au moins cinq défenseurs et journalistes ont été assassinés, rien qu’à Bukavu et Goma. Il s’agit de Pascal Kabungulu Kibembi, Serge Maheshe, Wabiwa Kabisuba, Patrick Kikuku Wilungula et Didace Namujimbo. Ces meurtres et les menaces persistantes ont instauré un climat de peur parmi les défenseurs des droits humains locaux; la violence continuelle, les tensions ethniques ainsi que l’instabilité de la situation politique et militaire dans cette région les rendent encore plus vulnérables.
Les attaques contre les défenseurs des droits humains sont de nature politique et ont un lien direct avec leurs activités professionnelles de défense des droits humains. Toutefois, les défenseurs encourent aussi un risque plus élevé d’être cambriolés car certains individus pensent qu’ils sont en contact avec la communauté internationale et qu’ils reçoivent un soutien financier, même lorsque cela n’est pas le cas.
A de rare exceptions près, les autorités de RDC n’ont mené aucune investigation sérieuse sur les attaques contre les défenseurs des droits humains, même dans les affaires les plus graves, y compris les meurtres. Le gouvernement n’a entrepris aucune action visant à soutenir et promouvoir le travail des organisations des droits humains, ni pour protéger les organisations ou les activistes des attaques dont ils sont victimes. Les défenseurs des droits humains ne sont pas protégés par les autorités nationales et il n’y a aucun plan national de protection des défenseurs, notamment dans l’est de la RDC.
Les défenseurs des droits humains sont souvent involontairement pris au piège dans le conflit politique entre le gouvernement et les forces rebelles. Lorsqu’ils dénoncent les violations commises par l’armée régulière (FARDC), ils sont pris pour cible par les éléments des FARDC et dépeints comment étant non patriotes et supporters des groupes rebelles. Lorsqu’ils rapportent les violations commises par les factions des groupes armés, ils sont attaqués par ces mêmes groupes. Un activiste éminent a déclaré: « Nous sommes entre le marteau et le l’enclume ». En effet, le gouvernement et les groupes armés considèrent les défenseurs avec suspicion et une hostilité déclarée. A plusieurs occasions, les autorités ont cherché à attiser la colère populaire contre les organisations non gouvernementales de défense des droits humains, en représailles au travail légitime des ONG, qui dénoncent les violations commises par les autorités.
