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Ouganda: détention arbitraire et torture du défenseur des droits humains Usaam Mukwaaya

Front Line est profondément inquiète suite à l’annonce de la détention arbitraire et de la torture d’Usaam Mukwaaya, un défenseur des droits humains qui travaille sur les questions de santé sexuelle, ainsi que sur les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) en Ouganda, les 25 et 26 juillet 2008. Front Line avait déjà contacté les autorités ougandaises au sujet de la détention d’Usaam Mukwaaya, ainsi que de deux autres défenseurs des droits humains, arrêtés lors d’une manifestation pacifique pendant la rencontre « HIV/AIDS Implementers' Meeting », le 4 juin 2008.  Read More

Au cours de ces dernières années, le harcèlement envers les défenseurs des droits humains n’a fait que croître en Ouganda, depuis que le gouvernement a décidé de restreindre la liberté d’expression et d’association. Les défenseurs des droits humains qui s’intéressent aux violations perpétrées dans le cadre du conflit qui divise le nord du pays ont reçu des menaces de mort et ont été agressés par les deux parties belligérantes. Les défenseurs des droits humains qui militent pour les droits des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transgenres (LGBT) s’exposent également à de graves dangers. Les défenseurs des droits humains sont régulièrement accusés de porter atteinte à la sécurité du territoire, de soutenir l’opposition ou des groupes armés. Ils sont menacés, intimidés et harcelés. De fausses informations sont publiées à propos de leur action ; leurs activités sont diffamées et ils sont parfois embringués dans des procédures judiciaires longues et coûteuses qui ne visent qu’à détourner leurs associations de leur mission première. Les lois relatives à la sédition, au terrorisme et à la diffamation sont souvent invoquées pour rogner ou supprimer la liberté d’expression des médias, et ainsi accroître leur isolement et leur vulnérabilité. Il y a des restrictions sur la liberté de parole, les médias, la liberté d’association et de réunion. Le gouvernement ougandais a bâillonné les médias indépendants : plusieurs journalistes encourent une procédure criminelle pour avoir fait état de violations des droits humains. Les radios et les journaux indépendants qui couvraient les élections présidentielles et législatives pourraient également être traînés devant les tribunaux pour soutien à l’agitation publique. Les défenseurs des droits humains qui travaillent dans le nord du pays, en ayant le vieux conflit avec la LRA (Lords Resistance Army) en toile de fond, mènent leurs activités dans des conditions périlleuses et ont été menacés et agressés par les deux parties. Le gouvernement a introduit une nouvelle loi qui restreint et entrave l’exercice de la liberté d’association, d’expression et de réunion pacifique. En juin 2006, le parlement ougandais a promulgué la Non-Governmental Organisations (Amendment) Registration Act (loi (d’amendement) sur l’enregistrement des organisations non gouvernementales), afin de mieux contrôler et de mieux surveiller les ONG. Cette loi impose de nouvelles contraintes administratives pour l’enregistrement des ONG et prévoit des sanctions pénales à l’encontre des ONG et des membres qui y contreviendraient. Le NGO National Board qui délivre les permis et certificats d’enregistrement est uniquement composé de représentants du gouvernement et dispose désormais de pouvoirs discrétionnaires accrus à l’égard des activités des ONG. Les défenseurs des droits humains qui militent pour les droits des LGBT sont particulièrement exposés puisque l’homosexualité est illégale en Ouganda et que l’homophobie y est omniprésente. Ils sont régulièrement confrontés à l’exclusion sociale, à la violence et au harcèlement, ainsi qu’à la menace de poursuites pénales au motif de leur orientation sexuelle. Le gouvernement du Président Yoweri Kaguta Museveni a fréquemment menacé, harcelé et diffamé les lesbiennes et les gays.