La police interdit par la force un workshop de Frontline à Tunis
Tunis le 19 mai 2007
Le CNLT devait organiser en partenariat avec l’ONG internationale Frontline un workshop régional de formation sur « digital security & privacy » du 18 au 20 mai courant et où devaient participer des experts en Internet de Frontline ainsi que des participants d’ONG tunisiennes (LTDH, ATFD, CNLT, ALT, AI, AISPP) et des défenseurs du Maroc, d’Algérie et d’Egypte.Après avoir confirmé la réservation d’une salle à l’hôtel Khamsa Corinthia depuis deux mois, la direction de l’hôtel a résilié l’accord, le 17 mai, à la veille de la tenue du Workshop alors que les invités étrangers étaient déjà là. Aucun autre hôtel n’a accepté d’abriter le workshop. Les organisateurs ont alors décidé de faire la formation au local du CNLT. Sans surprise, le local du CNLT avait été quadrillé par une centaine de policiers en civils du District de Bab Souika et de Bab Bhar qui ont interdit à toute personne d’y entrer ; Par la suite ils se sont ravisés et autorisé uniquement l’entrée des étrangers et des membres du CNLT, interdisant aux participants tunisiens de prendre part au workshop. Lotfi Azzouz (section tunisienne d’AI), Amor Gaidi (AISPP), Belgacem Abdallah (ALT) ont été repoussés par les policiers qui ont violemment agressé Houcine Ben Amor.
Le lendemain 19 mai, alors que le workshop devait reprendre, un nouveau déploiement policier a de nouveau quadrillé l’immeuble et cette fois, personne n’était autorisé à entrer au local, pas même les membres du CNLT, Sami Nasr et Lotfi Hidouri ; Le chef du district les a prévenus que s’ils n’obtempéraient pas, ils useraient également de violence contre eux. Lotfi Hidouri qui devait prendre contact avec les responsables de Frontline à Gammarth à leur hôtel a été empêché d’entrer dans l’hôtel par le groupe de policiers qui le suivent en permanence durant ces trois derniers jours.Le CNLT· Condamne avec la plus grande fermeté l’usage de la violence » contre les défenseurs.· Il dénonce la mobilisation des ressources publiques pour un usage abusif et illégal, au moment où ces mêmes ressources font défaut pour protéger les citoyens conformément à leur mandat constitutionnel, comme ce fut le cas pour les derniers événements malheureux de Sfax.· Constate que les autorités publiques continuent de violer un droit élémentaire, la liberté de réunion des ONG indépendantes, et que l’exercice de la liberté d’association et de réunion n’est en fait reconnu qu’à ceux qui font allégeance.
Il rappelle que le droit à l’activité légale ainsi que la liberté de réunion sont garantis par les dispositions de la constitution tunisienne et tous les instruments internationaux ratifiés par la Tunisie, ils constituent de ce fait des droits pour tous les citoyens et non une faveur.
Pour le Conseil La porte parole
Sihem Bensedrine
Président d’honneur:Feu le Dr Hachemi AYARI
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Téléphone/fax:(216 71) 240907
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